Chroniques

Le jour où je suis partie de Charlotte Bousquet

le jour où je suis partie imageLe jour où je suis partie

Charlotte Bousquet
Janvier 2017
Flammarion Jeunesse
186 pages
Périple, roman d’apprentissage

Résumé :

Après le décès de son amie d’enfance victime des mauvais traitements d’un homme, Tidir doit affronter son père qui s’occupe des préparatifs de son mariage arrangé.  Soutenue par sa tante, la jeune femme décide de quitter sa campagne natale pour rallier la ville de Rabat avant le 08 Mars 2015, date à laquelle se tiendra la marche des femmes. En chemin, Tidir découvre l’intolérance, le rejet mais plus que tout, l’espoir matérialisé par l’entraide, la générosité et l’amitié. Un périple résolument féministe, qui conduira l’héroïne à « assumer son statut de femme libre  ».

« On ne s’aperçoit pas toujours que l’on parcourt un nouveau chemin.
Paulo Coelho »

Impressions :

J’ai découvert ce roman en librairie le jour de sa parution et j’ai de suite été subjuguée par sa couverture colorée et exotique. Le lendemain, je découvrais un mystérieux colis dans ma boîte aux lettres que je me suis dès lors empressée de déballer en vidéo ! Pour en découvrir le contenu intégral, je vous invite à vous rendre sur ma chaîne youtube que vous trouverez en cliquant juste ici.

Mille mercis aux éditions Flammarion Jeunesse pour ce joli colis, ainsi qu’à Charlotte Bousquet, qui a eu la gentillesse de dédicacer mon exemplaire du livre « Le jour où je suis partie » !

Dans son roman, l’auteur décrit une société archaïque, véritablement ancestrale et conservatrice. Si j’ai déjà voyagé au Maroc à deux reprises, je dois reconnaître que je connais finalement assez peu sa culture et ses coutumes et que ce livre m’a apporté quantité d’informations sur la population et la géographie du pays.

Les nombreuses expressions en arabe glissées au fil des pages ainsi que les proverbes traditionnels placés en introduction de chapitre ont attisée ma curiosité tout au long de ma lecture. Les notes de bas de page, que j’ai trouvé particulièrement utiles, sont par ailleurs très concises et m’ont permis de m’immerger facilement dans les moeurs de ce pays du Maghreb.

J’ai beaucoup appréciée l’héroïne de ce roman pour son courage et sa détermination sans égale. Tidir est une jeune femme généreuse, indéniablement altruiste, qui prend en main son destin non pas seulement par nécessité mais par devoir envers le genre féminin. Elle est prudente, digne. Malheureusement, je n’ai pas réussi à m’identifier à Tidir, peut-être parce que celle-ci ne se dévoile jamais tout à fait, qu’elle reste sur la réserve et sur la défensive.

J’ai cependant beaucoup apprécié le rythme du récit, particulièrement fluide et toujours léger. Charlotte Bousquet a une écriture visuelle, particulièrement imagée. J’ai beaucoup aimé les descriptions faites par Tidir lors de son périple, qui m’ont permis de m’imaginer avec précision les paysages, ruraux ou urbains, qu’elle traversait.

Malgré les nombreuses critiques que fait l’auteur dans son oeuvre, « Le jour où je suis partie » est un roman lumineux, porteur d’espoir. C’est une oeuvre incroyablement réaliste, qui amène le lecteur à se questionner sur le féminisme sans pour autant le heurter : si le livre est touchant, il n’en est pas pour autant bouleversant.

Il évoque les problématiques liées au conservatisme avec intelligence et recul. Pour mener à bien ce combat pour l’indépendance, la liberté et l’égalité entre les Hommes, l’écrivain nous propose la solution la plus pacifique qui soit : la dénonciation par l’écriture.

En plus d’établir une critique cinglante, Charlotte Bousquet amène le lecteur à découvrir des acteurs phares de cette manifestation, finalement très récente. Ce faisant, elle convie le lecteur à prolonger son intérêt pour cette lutte pour l’égalité des genres au delà de la simple lecture de son roman.

« Le jour où je suis partie » est une oeuvre engagée, qui prône l’humanisme et le respect d’autrui en la personne de Tidir, dont le courage et l’espoir ne laissera aucun lecteur insensible !

« Ivre de liberté je fends l’air sauvage
Et de nul rivage ne veut être l’otage
Fatéma Chahid »

 

3 Comments

  1. Merci pour cette belle chronique, ta plume me transporte à chaque fois même si ce n’est qu’une chronique. On peut vraiment « lire entre les lignes », se rendre compte de ton intelligence, de ta sensibilité et de ta passion pour la lecture… Ne changes rien mon chat !

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  2. Laure VILLARD

    Petite correction : *ont attisé, *que j’ai trouvées, *apprécié, *sans égal (à cause du pluriel, on ne peut pas dire sans égaux), *ne laisseront . Jolie chronique Kaeci, tu me donnes envie de lire ce livre! Ce sera pour après les concours… Gros bisous ma belle, j’espère te voir bientôt! :*

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