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Animale, tome 1: La malédiction de Boucle d’or – Victor Dixen

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la malédiction de boucle d'or imageAnimale, tome 1: La malédiction de Boucle d’or 

Victor Dixen
2013
Gallimard Jeunesse
Collection Pôle Fiction
Réécriture de conte, fantastique
524 pages

Résumé:
Dans l’atmosphère parfois étouffante des années 1830, une jeune demoiselle grandit à l’abris d’un couvent lorrain, ignorant tout de son origine hormis sa bâtardise. Dissimulée derrière un châle, ses cheveux couleur or illuminent et fascinent la populace, tandis que ses lunettes aux verres teintés lui procurent une vision singulière du bâtiment religieux. Mais un inconnu de passage au pensionnat vient troubler les croyances de l’orpheline et l’emmène à la recherche d’un passé incroyable. Autour d’une malédiction bestiale, Blonde se découvre animale mais plus que tout, humaine.

<< Les cheveux sont comme un flou qui gomme les défauts des visages imparfaits, mais qui voile aussi la perfection des visages sans défauts >>

Impressions:
Les premiers mots de cette chronique s’adressent à Victor Dixen à qui je tiens à adresser tous mes remerciements non seulement pour sa bienveillance mais surtout pour m’avoir emportée à la redécouverte du conte de Boucle d’Or, car ce périple était emprunt d’excitation et de craintes quant à l’avenir toujours incertain des personnages.

Phobos et sa suite sont sans aucun doute mes coup de coeur de l’année 2015, vous n’en doutez plus si vous suivez le blog et ses réseaux sociaux. Pour autant, je n’étais pas décidée à me procurer le premier tome d’Animale: La malédiction de Boucle d’Or par crainte d’une désillusion, d’autant plus que l’illustration de couverture me laissait indifférente. Le roman a obtenu le Grand prix de l’Imaginaire 2014, et je ne doute plus aujourd’hui de cette distinction car c’est une vision du conte de la demoiselle aux cheveux blonds que vous vous devez de lire.

Le premier atout de ce roman est sans conteste l’écriture. C’est une plume totalement méconnaissable que l’écrivain nous offre, en utilisant un vocabulaire ajusté au début du dix-neuvième siècle. C’est d’ailleurs lorsque Victor Dixen écrit les lettres de la main de Gabrielle que l’écriture est la plus délicate et que le suspens est insoutenable. Les mots dansent, captivant et enchaînant le lecteur au destin de sa protégée, à l’aspect inaccessible et ténébreux.

J’ai appris à démasquer Blonde et par la même occasion, à aimer l’image que Mélanie Delon nous en propose sur la couverture. L’introvertie s’éloigne du souvenir de sa réclusion et s’affranchit du code religieux pour trouver une issue à son blasphème. Autour de la figure de Blonde valsent des visages attentionnés et protecteurs. Du sculpteur amoureux à la voyante dans sa roulotte, les adjuvants s’inscrivent dans une hiérarchie des personnages assidûment détaillée et attachante.

La malédiction de Boucle d’or est assurément une romance fantastique, qui unit les protagonistes au-delà de l’humanité et de l’éloignement. Pour autant, les idylles sont loin d’être niaises et convient le lecteur à l’expectative amoureuse.

Ce qui selon moi distingue Victor Dixen et de très loin par rapport aux autres écrivains, c’est le travail de préparation qui précède l’écriture de ses romans. Encore une fois dans La malédiction de Boucle d’Or, l’écrivain s’appuie sur des recherches approfondies. Véritable récit historique, ce premier tome d’Animale nous emmène dans un voyage spacio-temporel à la découverte des batailles Napoléoniennes et des contes issus du folklore Nordique.

Avec Animale, partez en quête du passé et de ses dangers pour s’assurer un avenir tout à fait… humain. A découvrir d’urgence!

<< Il y a un soulagement à découvrir l’origine de sa différence. Il y a un soulagement à apprendre enfin pourquoi l’on a souffert pendant toute son existence, et surtout que l’on n’en est pas responsable, que l’on doit juste vivre avec. >>

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