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Petit-déjeuner avec Victor Dixen et révélations

Vie littéraire

La semaine dernière, la Collection R chez Robert Laffont me contactait pour me prévenir que j’allais participer à un petit déjeuner en compagnie de Victor Dixen, l’auteur à succès du moment. Si l’auteur est renommé pour Le cas Jack Spark et pour Animale, la rencontre avait pour thème sa nouvelle saga Phobos.
Confortablement installés sur des petits poufs colorés entourés de ballons bleus à l’effigie de la Collection R, Victor Dixen nous a fait de nombreuses révélations sur le programme Genesis. La rencontre était menée par le chargé de communication de la Collection R et par son éditeur, mais nous avons également eu le droit de poser nos questions.
Retranscription d’un petit-déjeuner spatial dans un article garanti sans spoiler !

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Pourquoi avoir choisi la collection R pour éditer Phobos ?
Dès le début de l’écriture, c’est un projet que je destinais à la collection R. Je visais le public adolescent, et j’ai fait quelques recherches sur la Collection R dont j’ai particulièrement apprécié le dynamisme et les dernières parutions. Dès la conception de ce nouveau roman, je destinais Phobos à la collection R.

D’où vous est venue l’envie d’écrire ?
J’en ai toujours eu envie, c’est quelque chose que j’ai toujours eu en moi. Je suis un boulimique d’histoires, je lis beaucoup et des choses très variées. Mais j’adore aussi en raconter ! Je n’ai pas eu de personnes qui m’a donné envie de me lancer dans l’écriture, c’est quelque chose qui a toujours été là au plus profond de moi.

D’où vous est venue l’idée de Phobos ?
J’adore me tenir au courant de l’actualité et des thématiques contemporaines. J’ai été particulièrement intrigué par la conquête spatiale qui prend de plus en plus d’ampleur aujourd’hui avec le nouvel objectif qu’est Mars. Le nombre de candidats – plus de 200 000 – prêts à se lancer dans l’aventure Mars One – un aller simple pour Mars retransmit à la télévision – m’a interpellé et j’ai poussé les traits de ce projet un peu plus loin en imaginant que c’était la télé-réalité qui finançait le projet. Phobos a parfois été classé dans la dystopie par certains blogueurs, mais je considère plutôt ce livre comme de la science-fiction car cette histoire pourrait exister dans notre société.
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Sommes-nous en capacité de réaliser le programme Genesis à l’heure actuelle du point de vue technique ?
Nous maîtrisons toutes les technologies nécessaires pour aller sur Mars, mais pas pour en revenir. Pour écrire un roman, je procède d’abord à une longue période de recherches d’un an pour rendre mon univers le plus crédible possible. Pour Phobos, c’était un peu rébarbatif au début car c’est un sujet complexe, mais une fois que l’on s’y intéresse, cela devient passionnant ! C’est pourquoi, j’ai beaucoup insisté auprès de mon éditeur pour insérer des schémas scientifiques dans le roman afin de donner accès aux lecteurs à la compréhension du fonctionnement des capsules et des habitats.

Comment avez-vous élus les douze nationalités des candidats ?
Ce sont les nations qui à l’heure actuelle, sont les pionniers de la conquête spatiale. J’ai également pris en compte le type de personnages que je voulais représenter, mais d’une manière générale se sont les pays les plus innovants en aérospatial.

Pourquoi avoir choisi des personnages ayant tous un passé très douloureux ? Pensez-vous que seules les personnes ayant souffert sont prêtes à tout quitter pour conquérir Mars ?
Les personnes ayant postulé pour Mars One sont très variées : des jeunes, des plus vieux, des mères de famille avec enfants en bas-âge… Pour autant, je devais me mettre dans la tête de ces personnes prêtes à tout quitter. Lorsqu’ils s’engagent dans le programme, les candidats n’envisagent aucune issue favorable sur Terre. Selon eux, c’est leur seule chance. D’où la phrase d’accroche sur le premier tome: « Il est trop tard pour regretter » et sur le second tome « Il est trop tard pour oublier ». C’est quelque chose qui va particulièrement être développé dans la suite. Les candidats vont se rendre compte de ce qu’ils ont définitivement perdu. C’est également un moyen d’ancrer mes personnages. Je leur donne une caractéristique physique qui remémore leur passé, ce qui permet au lecteur de mieux se repérer parmi la foule de personnages. C’était très important pour moi, car je déteste être perdu du fait du trop grand nombre d’acteurs dans un roman.

Pourquoi présenter l’histoire de l’unique point de vue de Léonor ?
Il est vrai que j’aurais pu présenter Phobos avec différents points de vue, tant du côté des garçons que du côté des filles. Mais se placer dans la capsule des filles aux côtés de Léonor, c’est ressentir l’excitation croissante pour l’expédition et plus que tout c’est ressentir l’incertitude quant à l’autre côté du rideau, où à l’autre côté du Parloir.

Qu’est ce qui fait le succès de Phobos ?
C’était un pari risqué. J’ai dès le départ choisi de donner les clés aux lecteurs, contrairement à la majorité des romans Young Adult. La plupart du temps dans ceux-ci, on observe une montée en crescendo de l’intrigue jusqu’à ce que les lecteurs aient des suspicions sur le pot aux roses. Là au contraire, dès la première page, le lecteur sait que quelque chose ne va pas. Et il souhaite crier aux candidats, «  STOP ne montez pas dans cette navette, vous êtes tous condamnés à mort ! ». On donne une once d’avance aux lecteurs par rapport aux protagonistes, créant une tension.

Une couverture mystérieuse circule sur Internet supposée être la couverture du second tome de Phobos. Pourtant, celle-ci n’apparaît pas dans les librairies, pourquoi ?
C’est une couverture sur fond bleu, représentant Eleanor en compagnie d’un prétendant masculin. Au départ elle plaisait à l’équipe, mais finalement Victor Dixen l’a refusée. Le couple n’est pas le thème central de ce second tome, au contraire c’est toujours le personnage principal Leonor. Le fond reste rouge pour remémorer la planète rouge, la destination des candidats.

Phobos sera-t-il une saga ?  
J’ai toujours gardé le secret quant aux nombres de tomes de Phobos même auprès de mon éditeur,  mais dès le départ j’avais en tête d’écrire une trilogie. Le prochain tome de Phobos sera donc le dernier ! Pour autant, un autre livre tiré du même univers pourrait voir le jour…

Pouvez-vous nous en dévoiler plus ? 
Pour postuler au programme Genesis, les candidats ont sans aucun doute dû réaliser des courts métrages sur leur vie avant le casting. Il est possible que Serena MacBee est conservé les archives de ces vidéos et qu’elles réapparaissent un jour, en tous les cas je vais tout faire pour les retrouver.
Par rapport au dernier tome, je n’hésiterais pas à faire mourir des personnages si l’intrigue le demande. Je peux vous assurer que le personnage de Kirsten qui est largement critiqué est l’un de mes favoris car je lui porte beaucoup d’affection. Comme Léonor, elle se remet de ses blessures passées et cela apparaîtra plus clairement.

Phobos a de plus en plus de succès en France. Peut-on envisager des traductions à l’étranger ?
Les droits de traduction viennent d’être cédés à la Pologne pour les deux premiers tomes, dont la part de jeunes est très importante. Nous avons également des pistes pour l’Angleterre et le Brésil, sans pouvoir en dire beaucoup plus. Il est très rare que des pays s’intéressent aussi rapidement à un roman paru en France car il est très compliqué de promouvoir les auteurs français à l’étranger.

Cela annonce-t-il d’autres types de projets ?
Nous avons quelques pistes à la fois pour une adaptation cinématographique, pour une adaptation en court-métrage ainsi que pour une adaptation sous la forme d’une série. Pour l’instant, ce sont des producteurs français qui sont intéressés, mais cela annoncerait une coopération internationale ! Le livre est d’ailleurs écrit entre le script et le roman, car Victor Dixen a d’abord travaillé dans le milieu du cinéma. Cela se traduit dans le découpage du roman, qui ne se fait pas en chapitre mais en scènes : « champ », « hors-champ », « contre-champs ». Pour autant, il est important de se rappeler que si des personnes sont intéressés par une adaptation, cela ne signifie pas que cela va forcément se réaliser. Nous pouvons donc croiser les doigts !

Je tiens du fond du cœur à remercier Victor Dixen pour ce petit-déjeuner des plus intéressants et pour sa gentillesse tout au long de ce salon. J’accorde également tous mes remerciements aux éditions Robert Laffont et particulièrement au personnel de la Collection R pour toute l’attention qu’ils nous ont porté. La collation était excellente, l’ambiance conviviale et les membres du personnel adorable – encore un grand merci à Filipa – j’espère de tout cœur que de telles rencontres seront répétées dans le futur !

Découvrez cette rencontre en images! 

12 Comments

    1. Coucou Marine! C’était pour moi un plaisir également 😀
      Non, honnêtement je n’avais ni carnet ni enregistreur. Il faut dire que Phobos est mon coup de coeur de 2015 donc j’étais passionné par ce que l’auteur expliquait!
      Bisous

      Reply

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