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Les décharnés, une lueur au crépuscule – Paul Clément

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les décharnés imageLes décharnés, une lueur au crépuscule 
Paul Clément 
2015
Roman apocalyptique, Horreur
286 pages
Disponible sur Amazon 

Résumé:
Par une après-midi ensoleillée où un agriculteur provençal décide de reposer sa cheville blessée, le monde tourne au chaos. Sous les yeux ébahis du vieux Patrick, des blessés sur l’autoroute se transforment en créatures macabres et ne tardent pas à traquer les êtres humains autour d’eux. En quelques minutes, la maison du vieil homme est assiégé par une horde de morts vivants affamés. Mais dans la tourmente, le grand-père parvient à sauver une petite fille effrayée. Cette rencontre marque le début d’une longue agonie dans une campagne en proie aux zombies…

<< La horde, lente mais déterminée, continuait à gagner du terrain à quelques dizaines de mètres, dans une scène de course poursuite dont le cinéma n’aurait jamais voulu. Les zombies avançaient péniblement tels des pantins désarticulés tandis que le héros, un vieillard au ventre proéminent, fonçait sur son bolide à quarante kilomètres-heure. James Bond en serait mort hilare. >> 

Impressions: 

Si vous suivez régulièrement mon blog, vous ne pouvez plus ignorer mon affection pour les fins du monde tragiques et les hordes de zombies mutants prêts à vous dévorer. Lorsque j’ai rencontré Paul Clément sur Livraddict et qu’il m’a proposé de découvrir en exclusivité son premier roman, j’ai sauté de joie. J’ai enfilé mes rangers – mes grosses chaussettes – j’ai préparé mon attirail – un chocolat chaud fumant – et je suis partie au combat – négligemment installée sur mon grand lit – contre les décharnés.

La première particularité de ce roman réside sans aucun doute dans la mise en place du cadre spacio-temporel. L’auteur choisit d’ignorer les grandes villes et nous emmène au coeur des champs Provençaux sous les températures écrasantes de l’été. L’action se déroule sur un temps relativement restreint, et les descriptions du sud de la France ployant sous la chaleur sont nombreuses.

Encore une fois, Paul Clément choisit de surprendre le lecteur en écrivant les mésaventures du parfait anti-héros. Monsieur Patrick est cynique, solitaire et très loin d’être athlétique. Le vieillard n’a donc rien de charismatique et ses chances de survie dans un univers anarchique sont minces. Pourtant, le lecteur prend beaucoup de plaisir à retrouver ce personnage et ses joutes sarcastiques entre deux attaques mortelles.

Mais ce qui fait le charme de cet apocalyptique est sans aucun doute la figure d’Emma, la demoiselle terrorisée dont Patrick décidé de s’occuper après son sauvetage. Le duo étrange formé par ses êtres opposés fonctionne à merveille et emporte le lectorat dans une redécouverte de l’amour dans la tourmente. Le petit être fragile dont il aura la charge sera le fil rouge de Patrick, véritable béquille qui lui permettra de connaître la rédemption.

J’ai beaucoup apprécié l’originalité du scénario D’une lueur au crépuscule. Contrairement à beaucoup de romans relatant la fin du monde, celui-ci ne tente pas de découvrir les raisons de cette brusque métamorphose des morts en créatures inhumaines. Le roman se concentre sur l’apocalyptique: les zombies, les charognes, et les tripes sortant des corps éventrés sans toutefois sombrer dans un roman d’horreur et dans le répugnant.

Au contraire, l’auteur semble se concentrer sur l’humanité qui perdure au sein du chaos. Le protagoniste s’interroge sur l’affection qu’il peut éprouver vis à vis d’une enfant presque inconnue quand celle-ci s’interroge sur la justesse du monde. Et dans le tumulte, une question fondamentale: comment conserver son humanité alors que la méfiance tant envers les créatures monstrueuses que les autres survivants est la meilleure chance de survie?

Les décharnés, un roman apocalyptique qui brise les codes avec succès.

<< Ce monde était désespérément fou. Il ne m’autorisait même plus un instant de lâcheté. >> 

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